* Voici la commune de Kati aux yeux de ses fils. Tantôt une commune inépuisable marquant l’avenir du pays, tantôt une commune fatiguée, déchue de sa grandeur, mécontent de soi.
* Voici les katois ou du moins les « kateguelens » encore fiers de leur commune à la fin du colonialisme.
Voici la commune, autrefois prospère, équilibrée ; aujourd’hui bien distancée malgré le nouveau contexte de développement, éprouvant quelques peines pour se développer et suivre le train des commune plus fragiles qu’elle.
La commune de Kati peut et doit remonter la pente de son histoire. Elle n’a guère que cinq ans à combler : l’effort d’une génération doit suffir !
HISTOIRE DE LA COMMUNE DE KATI
Kati est issu de la troncation du mot « kateguelen » caractérisant KONE Broura, fondateur de Kati vers la fin du 17ème siècle. Originaire de Doubao, dans la région de Sankara (actuelle Guinée Conakry). KONE Bourama, chef guerrier, à la suite d’une guerre fratricide décide de s’exiler. Son odyssée l’amène dans la zone actuelle de Kati où il conclut un pacte d’alliance à vie avec les KONATE.
Traversant monts te marées, villages, il tomba sur un hameau où vivent des nomades, les TOURE à Bamako. Sur le conseil de ces derniers, KONE Bourama demande à Diamoussa Dian père des NIARE de Bamako, l’autorisation de s’installer dans un hameau non loin d’eux propice à la chasse et à la culture.
Malheureusement, le gîte demandé est un lieu hanté, et surtout une tanière favorite des Tékérés, groupe de pillards vivant de razzias. Malgré les conseils et les mises en garde, KONE Boura persiste. Finalement l’autorisation lui est donnée.
Mû par cet orgueil prométhéen, reconnu pour sa dureté de caractère, les NIARE finissent par l’appelé KONE Bouram katéguelen, l’intransigeant, le rebelle. A sa mort, son premier fils Bakary lui succéda. Après la mort de Bakary, la chefferie a été assurée par Moriba. Les successeurs de Moriba furent, Morifin et N’fa, c’était avant la pénétration coloniale.
Le règne de Bakary correspondra à celui du roi Biton Mamari COULIBALY de Ségou vers les années 1670. Biton avait sa domination sur toute la zone. Pendant la même période, certains guerriers se sont révélés aux alentours de Kati. Parmi ces derniers on peut citer : Dioko KONEKE, Fiazan, les chefs Nonkon de Daban, de Dossola, de Koula, de Minian, de N’Dingué, de Sakabalo, de Séroua et de Nèrèkoro.
Kati a été attaqué par les guerriers de Ouagadou Sikoro avec l’accord du roi de Ségou. Face à cet acte, N’toniba Joumé organise les troupes de Kati. Les guerriers de Ouagadou Sikoro vaincus se sont retrouvés à Djini, puis à Daban où reposent beaucoup de leurs anciens.
En 1850, le marabout Toucouleur El Hadji Oumar, dans le souci de fonder un vaste empire musulman après son pèlerinage à la Mecque, arriva à Kati. Il essaya de convertir les habitants à l’islam en exigeant la suppression des fétiches.
Le 17 mai 1880 Galliéni arriva à Dio. L’arrivée du Lieutenant Galliéni et sa troupe apporta d’importants changements dans la vie de la population de Kati qui s’occupait pour la plupart d’agriculture et de chasse. Ainsi le Camp militaire construit en 1886 porta le nom de « Camp Galliéni » de Kati avant d’être « Camp Soundiata » après les indépendances en 1960. C’est ici que le deuxième régiment des tirailleurs sénégalais a été implanté.
En 1887, Monseigneur Hacquart fonda la Mission après la création des quartiers de Coco, Bamananki et Kati coura.
Au cours de l’histoire de Kati, les grands événements sont apparus entre 1904 et 1959 (voir annexe : historique de Kati).
PRESENTATION DE LA COMMUNE L’arrêté territorial n°442 du 2 septembre 1958 créé la commune de moyen exercice de Kati. Celle-ci devient une commune de plein exercice par la loi du 2 mars 1990 uniformisant le régime des communes au Mali.
La commune de Kati reste chef lieu d’arrondissement relevant administrativement de la Région de Bamako jusqu’en 1977 date à laquelle, l’ordonnance 77-44 du 12 juillet l’érige en chef lieu de cercle.
TRAITS PHYSIQUES
La commune de Kati est composée de dix quartiers : Noumorila, Samakébougou, Kati-coro, Kati coco, Farada, Sananfara, Malibougou, N’tominikoro, Mission et les trois villages Sirakoro-Niaré, Banambani et Toubana rattachés à la commune de Kati par la loi n°97-020 du 07 mars 1997 portant modification du ressort administratif de certaines communes.
La commune de Kati est située au sud de la région de Koulikoro et au Nord - Est du District de Bamako à une distance de quinze kilomètres. Sa superficie est estimée à 27 000 ha. Elle est limitée au Sud - Ouest par la commune III du District, au Nord par la commune rurale de Kambila, à l’Ouest par la commune rurale de Dougabougou, à l’Est par la commune rurale de Safo
Elle s’étend en longueur du Sud au Nord sur huit kilomètres dans la vallée en caissée des marigots de Farako et de Dialokoroni. Ces marigots sont grossis par Moussa - bonsi pendant la période des pluies et tarissent en période de saison sèche. La commune de Kati est entourée à l’Ouest par la colline de Sanoukoulou, et au Nord - Est par celle de Banamba -koulou sur lesquelles on a une vue de presque toute la ville.
Kati a un relief de plateaux extrêmement découpé par son réseau hydrographique. On trouve à Kati un système de terrasses hautes avec les marigots à lit nettement marqué. Ses sols sont rouges, profonds et ont une structure qu’on peut rattacher aux sols assez ferralitiques. La zone de Kati a un climat soudanien caractérisé par une saison pluvieuse allant de juin à octobre, froide de novembre à février et une saison sèche et chaude de mars à juin.
La végétation est dominée par la savane herbeuse. Les plantations de mangues prédominent dans cette végétation. On rencontre des caïcédras, des baobabs, des tamariniers etc.
TRAITS DEMOGRAPHIQUES
La Commune de Kati est cosmopolite et très commerçante. Les principaux groupes ethniques sont : les bambaras en grande majorité, les soninké et les peuhls.
Les bambaras sont les autochtones du fait qu’ils sont les fondateurs de la ville. Ils s’occupent de l’agriculture et du maraîchage. Kati appartient à ce grand ensemble qu’est le bélédougou. Les soninkés en forte proportion après les bambara sont venus de la région de kayes (Djéoura, Tassara, Lamidou dans le kaarta). Ils dominent le commerce avec les peuhls du Fouta Djallon (Guinée). On rencontre aussi des malinkés, Dogons, Mossis, Sénoufo etc.
La commune comptait en 1958 12 000 habitants. Le recensement de la population effectué en 1961 a dénombré 18 000 habitants. Aujourd’hui, la commune la population de Kati est estimée à 42 137 habitants avec un taux d’accroissement de 2,4 %. La densité est de 1,18 habitants/Km². La population de la commune est relativement jeune avec 67,5 % de la population qui ont moins de 25 ans (recensement 1987).
Le taux de chômage est très forte et touche principalement les jeunes. Ceci représente une véritable perte en capital humain dans une commune où le besoin se fait sentir crutialement.
ECONOMIE
AGRICULTURE
La commune de Kati se distingue par la pratique du maraîchage. La zone maraîchère couvre une superficie de 300 ha et est située le long du marigot Moussa bonsi. Elle est riveraine des quartiers Noumorila, Kati Coco, Mission, Malibougou, Kati coro et farada.
Le maraîchage constitue la principale activité des populations. Ce faisant, son apport dans l’économie est assez important. Les principales cultures sont : la pomme de terre, le chou, la salade, le concombre, l’aubergine, la tomate, le poivron, le gombo. Ces cultures sont pratiquées pendant toute l’année. Beaucoup de famille tirent la majeure partie de leur revenu dans la commercialisation de ces produits.
La commune de Kati est considérée comme faisant parties des deux villes les plus productrices de pomme de terre avec Sikasso. Compte tenu de son poids dans l’économie, les maraîchers se sont regroupés en coopérative pour défendre leurs intérêts.
Cependant, il est à signaler que la commune de Kati, hormis les 300 ha, ne possède plus d’autres terres cultivables qui leur soit propre. C’est pourquoi, ses populations exploitent celles des villages environnants comme : N’toniba, Konobougou et M’pièbougou.
D’autre part, le marigot Moussa bonsi qui est la seule source d’approvisionnement en eau des cultures maraîchères dans la commune est en voie de disparition. Ceci représente un sérieux préjudice à l’avenir du maraîchage. Le morcellement des terres est un facteur d’appauvrissement des terres entraînant une baisse du rendement des cultures. A cela s’ajoute l’urbanisation compte tenu da la pression démographique. Ce qui a pour conséquence une perte d’emploi donc une accentuation de la pauvreté chez la population.
Un facteur non moins important est la conservation des produits maraîchers. En effet, plus de la moitié des produits est endommagée faute de moyens de conservation.
L’INDUSTRIE
La place occupée par l’industrie dans l’économie de la commune est très faible. La plus part des unités industrielles existantes sont des petites et moyennes entreprises (pme). L’emploi créé est très faible. Parmi ces pme on peut citer : la boulangerie CAMARA, située dans le quartier de Noumorila, la boulangerie Bourou Massa, l’usine de fabrication de baguettes de soudures (qui est à l’arrêt ) et une unité semi-industrielle de séchage de fruits et légumes (arrêtée ). Il est à signaler que la première unité industrielle créée sur le territoire commune était une boulangerie et elle était implantée dans les locaux de la SONAREM (Société Nationale des Ressources Minières).
L’inexistence d’une politique de délocalisation des unités industrielles et de mesures incitatives pour l’industrialisation des zones intérieures, pénalisent le développement industriel de la ville de Kati. A cela, il faudra ajouter le manque de politique au niveau de la commune pour attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Il faudra aussi souligner le manque d’infrastructures bancaires et de base qui représente un véritable obstacle pour la promotion de l’industrie.
Il faudra aussi souligner le manque d’infrastructures bancaires et de base qui représente un véritable obstacle pour la promotion de l’industrie.
TRANSPORT
Le trafic Kati - Bamako est assuré par 150 taxis et 80 camionnettes bâchées enregistrés à l’auto gare central de Kati. Près de milles fonctionnaires, commerçants, ouvriers et étudiants empruntent chaque jour l’axe Kati - Bamako. Pendant plus d’un quart de siècle la commune est confrontée à un problème de transport. Il s’agit de la gestion du trafic routier pendant les heures de pointe : le matin entre 7 h et 11 h et le soir entre
17 h et 20 h.
Il faut souligner que la commune de Kati est desservie par deux axes routiers à savoir l’axe Bamako Kolokani en passant par Koulouba qui est bitumé et le même axe mais en passant par le quartier samé et le Lido bitumé maintenant. Après la réfection de l’axe Bamako Kolokani en passant par Koulouba en 2000, des travaux de colmatage sont effectués chaque année. Cet axe commence à se détérioré et cela vas réduire considérablement le trafic.
L’entretien de ces deux axes est indispensable car il constitue un des grands axes routiers transfrontaliers vers l’ouest du Mali (Mauritanie - Sénégal). L’axe Kati - Kolokani est bitumé aujourd’hui jusqu’à Kayes.
Un autre axe est celui du chemin de fer Dakar - Niger. Cet axe offre une opportunité pour la ville de Kati quant au trafic de Marchandises et au transport des citoyens. Mais elle n’a jamais été exploitée.
A l’intérieur de la commune, les routes ne sont pas bitumées. Seul l’axe reliant la gare ferroviaire et le stade municipal est bitumé mais se trouve dans un état piteux. Les trois villages faisant partie intégrante de la commune sont quasi enclavés pendant la saison des pluies. La majeur partie de la production maraîchère est produite dans ces trois villages. Il existe donc un véritable problème d’écoulement des produits. L’intégration communale passe par une politique de développement des pistes rurales.
Eau
Seulement 30% de la population de la commune a accès à l’eau potable. L’alimentation en eau se fait à travers une adduction réalisée en 1977 grâce au jumelage - coopération entre la ville allemande Elenburg et la ville de Kati dont le coût est estimé à 2,5 milliards de f cfa. Des forages hérités de la colonisation qui assurait l’alimentation en eau de la ville sont fonctionnelles.
Le système d’adduction d’eau n’est pas encore une réalité pour les quartiers périphériques malgré, l’inscription de l’extension du réseau dans le projet sectoriel de l’hydraulique urbaine. Ces populations s’approvisionnent dans les puits traditionnels qui sont en majeur partie malpropres. Aussi, il existe un de besoin de sécurisation de ses puits par des systèmes de fermetures, de pompes pour protéger les populations contre les maladies.
ENERGIE L’Energie du Mali (EDM) est la seule société à fournir l’électricité et comme l’eau l’électricité est un luxe pour les nouveaux quartiers malgré, l’inscription de l’extension du réseau électrique dans le projet d’urbanisation de la commune et aussi le payement des taxes d’électrifications par ce qui en ont déjà. Ces populations selon leurs moyens installent soit des groupes électrogène ou soit des Batteries pour s’alimenter en électricité.
par souleymane SAMAKE